
Nettoyer un mur extérieur : la méthode adaptée à chaque type de salissure
Comment nettoyer un mur extérieur efficacement selon le type de salissure et de support ? Méthodes, produits, erreurs à éviter : le guide pratique.

Nettoyer un mur extérieur efficacement commence par un diagnostic : identifier le type de support (crépi, béton, parpaing, enduit) et la nature de la salissure (algues, mousses, lichens, pollution). Pour les micro-organismes, un traitement biocide en deux temps : application puis rinçage après 24 à 48 heures : donne les meilleurs résultats. Un simple encrassement se traite au savon doux ou aux cristaux de soude dilués, sans équipement haute pression.
Comment nettoyer un mur extérieur sans le détériorer ? Tout dépend du couple « support × salissure ». Un crépi fragilisé ne se traite pas comme un mur en béton lisse, et des lichens incrustés exigent une approche différente d'un simple voile de pollution. Ce guide croise les deux paramètres pour vous orienter vers la méthode précise qui convient à votre façade, sans Kärcher systématique ni javel par défaut.
Pourquoi les murs extérieurs s'encrassent-ils autant ?
Quatre causes principales expliquent l'encrassement des murs extérieurs : l'humidité persistante, les micro-organismes (algues, mousses, lichens), les dépôts de pollution atmosphérique et la végétation trop proche. Ces facteurs agissent rarement seuls. Sur une façade nord, l'humidité et le manque d'ensoleillement créent un terrain favorable aux mousses ; sur une façade rue, les particules de freinage et les hydrocarbures forment une pellicule noire tenace.
Comprendre l'origine des salissures permet d'éviter le réflexe « je passe un coup de Kärcher et on n'en parle plus ». Un nettoyage mal adapté à la cause profonde nettoie en surface mais laisse les spores ou les dépôts gras revenir en quelques mois. Le diagnostic préalable, détaillé dans la section suivante, conditionne toute la suite du chantier.
Les murs exposés au nord ou protégés par une haie dense sont les plus touchés. L'humidité stagnante favorise la prolifération des micro-organismes, et l'absence de vent ralentit le séchage après la pluie. Une façade bien exposée au sud peut malgré tout noircir, cette fois sous l'effet de la pollution urbaine qui se fixe sur les aspérités du support.
Humidité et végétation : algues, mousses et lichens
Les micro-organismes : algues vertes, mousses, lichens : prospèrent dès que trois conditions sont réunies : une source d'humidité, un support poreux et une luminosité faible. Les algues apparaissent en premier, formant un voile verdâtre. Les mousses s'installent ensuite, retenant l'eau comme une éponge. Les lichens, stade le plus avancé, s'incrustent dans le support et le dégradent mécaniquement.
Une façade ombragée par un arbre ou une haie non taillée retient l'humidité plusieurs jours après une averse. Le crépi, surtout s'il est ancien et microporeux, absorbe cette eau et offre un milieu idéal à la colonisation. Dans les zones rurales ou boisées, la pression des spores est plus élevée, ce qui accélère le phénomène. Le traitement curatif passe par un anti-mousse de type biocide TP2, mais le volet préventif (élagage, drainage) compte tout autant.
Pollution, poussière et dépôts noirs sur les zones exposées
Les façades donnant sur une rue passante noircissent sous l'effet des particules fines, des résidus de pneumatiques et des suies. Ce noircissement n'est pas biologique : il s'agit d'un film gras et minéral qui adhère au support. Sur un enduit lisse, il forme une patine grisâtre. Sur un crépi rugueux, il s'incruste dans les creux et devient très difficile à décoller à l'eau seule.
Les zones exposées aux remontées de terre : soubassements, murs de clôture : subissent un double phénomène : pollution particulaire et projections de terreau humide chargé de matières organiques. Le nettoyage de ces surfaces requiert un détergent doux ou un nettoyant multiusage légèrement alcalin pour décoller le film gras, suivi d'un rinçage soigné. Un simple jet d'eau ne suffit pas à éliminer cette couche de pollution.
Évaluer l'état du mur avant de commencer : matériel et diagnostic
Avant de sortir brosse, pulvérisateur ou nettoyeur, prenez trente minutes pour examiner votre mur sous trois angles : le type de support, la nature des salissures et l'état général du revêtement. Cette étape détermine le choix du produit, de l'outil et de la pression de rinçage. Un diagnostic trop rapide conduit aux erreurs classiques : Kärcher sur un crépi friable, acide sur un support calcaire, ou javel concentrée qui décolore les joints.
Observez le mur par temps sec, idéalement en milieu de matinée quand la lumière rasante révèle les reliefs et les taches. Passez la main sur la surface : un crépi qui s'effrite sous les doigts interdit tout nettoyage mécanique agressif. Repérez les fissures, les zones déjà décollées ou sonnant creux. Ces fragilités doivent être traitées avant le nettoyage : ou à défaut protégées durant l'opération : pour éviter que l'eau sous pression n'aggrave les dégâts.
Enfin, notez l'exposition du mur (nord, sud, rue, jardin) et la végétation environnante. Ces éléments vous renseignent sur la cause probable de l'encrassement et guident le choix entre un simple nettoyage de surface et un traitement anti-mousse curatif suivi d'une protection hydrofuge.
Identifier le type de support : crépi, parpaing, béton, enduit
Chaque support réagit différemment aux produits et aux méthodes de nettoyage. Le crépi, surtout s'il est projeté ou gratté, présente une surface poreuse et fragile : un nettoyeur haute pression utilisé trop près l'érode en quelques secondes. Le parpaing brut, très absorbant, se tache facilement et nécessite un traitement uniforme pour éviter les auréoles. Le béton lisse supporte bien les hautes pressions mais peut se marquer si l'on utilise un acide sans rinçage immédiat. L'enduit lisse à la chaux, fréquent sur les maisons anciennes, exige des produits au pH neutre : tout acide le creuse, toute base forte le dénature.
Pour identifier votre support sans incertitude, grattez légèrement une zone peu visible. Un crépi s'effrite en grains, un enduit ciment se raye difficilement, un enduit chaux se pulvérise en poudre fine. En cas de doute sur un mur peint, testez la tenue de la peinture avec un ruban adhésif : si elle se décolle, renoncez à toute pression et privilégiez un nettoyage manuel doux.
Le matériel indispensable avant de démarrer
La liste de base tient dans un seau et un pulvérisateur. Voici l'essentiel, à compléter selon votre diagnostic.
- Pulvérisateur de jardin (5 à 10 L) : pour appliquer les traitements anti-mousse ou nettoyants liquides de façon homogène. Privilégiez un modèle résistant aux produits chimiques (joints Viton).
- Brosse à manche télescopique : poils synthétiques mi-durs pour le brossage manuel des surfaces fragiles. Une brosse à poils laiton peut convenir sur béton, mais raye les enduits.
- Nettoyeur haute pression : uniquement si le support le tolère (béton, parpaing sain). Équipez-le d'une buse à angle large (25° ou 40°) et maintenez une distance de 30 à 50 cm. La buse rotative est à proscrire sur tout support poreux.
- Bâches de protection : pour couvrir les plantations, les prises électriques extérieures et les menuiseries.
- Lunettes et gants : les biocides et les lessives alcalines sont irritants. Portez des gants nitrile, pas de simples gants de ménage.
Comment nettoyer un mur extérieur selon le type de salissure
Le choix d'une méthode de nettoyage dépend avant tout de la nature de la salissure, pas du support. Une erreur fréquente consiste à traiter un mur noirci par la pollution avec un anti-mousse : le produit, conçu pour détruire des organismes vivants, n'a aucun effet sur les dépôts minéraux ou gras. La matrice ci-dessous croise les trois grandes familles de salissures avec les traitements adaptés.
Pour les salissures mixtes : mousse ET pollution sur un même pan de mur : l'ordre d'intervention compte. On commence toujours par le traitement anti-mousse (biocide), on laisse agir le temps prescrit, on rince, puis on attaque les dépôts de pollution avec un nettoyant alcalin doux. Inverser l'ordre diluerait le biocide dans le film gras et réduirait son efficacité. Un nettoyant bi-composant (type Alginet Flash) associe les deux actions en un seul produit : solution pratique pour les façades modérément encrassées.
Mur extérieur noirci : agir sur les dépôts de pollution et les micro-organismes
Un mur extérieur noirci par la pollution ne se traite pas comme un mur envahi de micro-organismes. La couche noire est un mélange de particules de freinage, d'hydrocarbures imbrûlés et de poussières industrielles qui adhèrent au support par électricité statique et par les irrégularités de surface. Un simple rinçage à l'eau ne la décolle pas.
Appliquez un nettoyant multiusage légèrement alcalin (pH 9-10) au pulvérisateur, du bas vers le haut pour éviter les coulures sur les zones déjà nettoyées. Laissez agir 10 à 15 minutes sans laisser sécher, puis brossez avec une brosse à poils synthétiques. Rincez abondamment du haut vers le bas. Pour les murs en béton ou parpaing sains, un nettoyeur haute pression avec buse à 25° accélère le travail. Maintenez une distance de 40 cm minimum.
Sur les enduits fragiles, remplacez la pression par une deuxième application de produit suivie d'un brossage énergique. Les cristaux de soude dilués (1 volume pour 20 volumes d'eau tiède) offrent une alternative efficace et économique pour les dépôts gras, à condition de rincer soigneusement car les résidus alcalins peuvent attaquer certains pigments de façade à long terme.
Algues, mousses et lichens : traitement en deux étapes
Algues, mousses et lichens sont des organismes vivants : un simple détergent ne les tue pas. Il faut un produit biocide classé TP2 (désinfectants et produits algicides) en vertu du règlement européen (UE) n° 528/2012. Ces produits contiennent des ammoniums quaternaires ou des agents à base de percarbonate qui détruisent les cellules des micro-organismes.
Le traitement se déroule en deux temps. Pulvérisez le biocide dilué selon les proportions du fabricant : généralement 1 volume de produit pour 5 à 10 volumes d'eau : sur la surface sèche, idéalement par temps couvert et sans pluie annoncée dans les 24 heures. Laissez agir 24 à 48 heures : le produit ne nettoie pas immédiatement, il tue les organismes qui jaunissent puis se détachent progressivement. Une fois les traces blanchies ou jaunies, rincez à l'eau claire (pulvérisateur ou jet doux) ou brossez délicatement pour éliminer les résidus.
Sur les lichens incrustés dans le crépi, une seule application peut ne pas suffire. Renouvelez le traitement après 15 jours si des taches persistent. N'utilisez jamais d'eau de Javel pure : elle décolore les pigments du crépi, attaque les joints et ne détruit pas les spores en profondeur. Les produits à base de percarbonate d'hydrogène représentent une alternative moins agressive pour les supports fragiles, avec une efficacité correcte sur les algues mais limitée sur les lichens anciens.
Encrassement général : savon doux, cristaux de soude ou nettoyant multiusage
Pour un encrassement général sans dominante biologique ni couche de pollution épaisse : le mur est simplement grisâtre, poussiéreux, terni par le temps : les nettoyants universels suffisent. Cette situation concerne souvent les façades abritées sous un avant-toit large ou les murs de clôture modérément exposés.
Le savon doux (savon noir liquide) dilué à 5 % dans l'eau tiède constitue le premier choix : il décroche les poussières, respecte tous les supports et ne présente aucun risque pour les plantations alentour. Appliquez à la brosse, frottez les zones les plus ternes, rincez. Pour les façades plus grasses ou exposées à la circulation, les cristaux de soude (1 volume pour 15 à 20 volumes d'eau chaude) renforcent le pouvoir dégraissant. Portez des gants : la solution est irritante.
Le nettoyant multiusage du commerce, souvent à base de tensioactifs et de séquestrants, offre un bon compromis rapidité-efficacité. Choisissez une formulation sans phosphates ni solvants agressifs, conformément aux recommandations de l'ADEME sur les produits d'entretien extérieur (ADEME, 2023). La notice du fabricant précise le dosage selon le niveau d'encrassement. Comptez en moyenne 1 à 2 litres de produit dilué pour 10 m² de façade.
Nettoyer un mur extérieur sans Kärcher ni produits agressifs
Tous les murs ne supportent pas le nettoyeur haute pression, et tous les foyers n'en possèdent pas. Les méthodes douces : vinaigre blanc, bicarbonate de soude, savon noir, brossage manuel : ont leur place dans l'entretien des façades, mais leurs limites sont réelles. Un produit miracle présenté comme « efficace sur tout type de tache » n'existe pas.
L'intérêt des méthodes sans pression est double : elles préservent l'intégrité des supports fragiles (crépi ancien, enduit chaux, peinture en phase de farinage) et évitent les infiltrations d'eau dans les microfissures. Le revers : elles demandent plus de temps et d'huile de coude. Sur une surface de plus de 30 m² très encrassée, le nettoyage manuel peut prendre une journée entière, contre deux heures au nettoyeur haute pression sur un support compatible.
Vinaigre blanc et bicarbonate : pour quelles salissures ?
Le vinaigre blanc (acide acétique à 8° ou 14°) dissout les dépôts calcaires et certaines traces minérales. Il s'attaque modérément aux algues superficielles grâce à son acidité qui perturbe le pH cellulaire. Dilué à 50 % dans l'eau tiède, il se pulvérise sur les voiles verts récents. Laissez agir 20 minutes, brossez, rincez. Résultat correct sur une colonisation légère, nul sur les mousses épaisses et les lichens.
Le bicarbonate de soude, légèrement abrasif et alcalin, convient au nettoyage des taches superficielles et des dépôts gras légers. Saupoudrez-le sur une brosse humide et frottez les zones concernées. Il ne pénètre pas dans les pores du support et n'a aucune action biocide. Sur un mur en pierre calcaire, le vinaigre est à proscrire : l'acide attaque le carbonate de calcium et laisse des auréoles blanchâtres définitives. Sur ces supports, tenez-vous-en au savon noir ou au brossage à l'eau claire.
Ces solutions naturelles trouvent leur utilité pour l'entretien régulier : un passage annuel préventif : ou pour traiter une façade peu exposée. Elles ne remplacent pas un biocide TP2 sur un mur couvert de mousses ni un nettoyant alcalin sur une façade noircie par la circulation automobile.
Quand le nettoyage manuel suffit : et quand il ne suffit plus
Le nettoyage manuel au balai-brosse et au seau suffit dans trois situations : entretien annuel d'une façade peu encrassée, traitement d'une tache localisée (coulure de terre, marque de feuillage), ou support trop fragile pour toute pression mécanique. Le savon noir dilué reste l'outil polyvalent de ces interventions légères.
En revanche, le nettoyage manuel montre ses limites dès que la surface dépasse 20 à 30 m² avec un encrassement moyen à fort. Le temps passé devient disproportionné, et la régularité du résultat dépend beaucoup du geste. De même, face à une colonisation biologique installée (mousses de plus de 3 mm d'épaisseur, lichens), aucun frottage manuel avec un produit ménager n'élimine les spores en profondeur. Le traitement biocide s'impose, suivi éventuellement d'un rinçage basse pression au tuyau d'arrosage plutôt qu'au Kärcher.
Si votre mur présente des fissures ou des zones décollées, reportez le nettoyage et traitez d'abord ces défauts : un mur fragilisé absorbe l'eau de lavage, qui peut geler en hiver et aggraver les dégradations. Consultez notre guide pour réparer une fissure sur un mur extérieur avant toute intervention de nettoyage.
Cas pratique : nettoyer un mur en crépi très sale, du diagnostic au résultat
Prenons un cas concret : un mur en crépi projeté de 15 m², exposé au nord-est, protégé par une haie de thuyas plantée à 80 cm. Après cinq ans sans entretien, la surface présente un voile verdâtre continu (algues), des coussinets de mousse denses dans les angles bas, et des taches de lichens grisâtres incrustées par endroits. Le crépi est sain, sans fissures ni décollements, mais sa surface est poreuse.
Le diagnostic oriente vers un traitement biocide complet, sans pression mécanique pour préserver la texture du crépi. La haie sera taillée après le chantier pour réduire l'ombrage et améliorer la ventilation du mur : condition indispensable pour ne pas retrouver le même état dans deux ans. Ce scénario illustre le cas le plus fréquent sur les façades peu ensoleillées en zone végétalisée.
Étape 1 : préparer la surface et protéger les abords
Protégez d'abord les abords : bâchez les plantations au pied du mur, couvrez les prises électriques extérieures avec un film étanche et du ruban adhésif, fermez les fenêtres du côté traité. Taillez à blanc la végétation qui touche le mur : branches, lierre, arbustes : pour dégager un espace de travail d'au moins 50 cm.
Dépoussiérez la façade à la brosse souple pour retirer les saletés non adhérentes, les toiles d'araignée et les feuilles mortes coincées dans les aspérités du crépi. Un prémouillage léger au pulvérisateur d'eau claire peut aider à décoller la poussière fine, mais ne saturez pas le support : le traitement biocide s'applique sur un mur sec ou à peine humide pour ne pas être dilué avant d'agir.
Étape 2 : appliquer le traitement anti-mousse ou nettoyant
Le produit retenu est un anti-mousse bi-composant associant un biocide TP2 et un tensioactif nettoyant, comme la gamme Alginet utilisée par les professionnels du traitement de façade (fiche fabricant Algimouss, 2025). La dilution recommandée pour un encrassement moyen à fort est de 1 volume de produit pour 5 volumes d'eau.
Remplissez le pulvérisateur de jardin avec la solution diluée. Appliquez du bas vers le haut, en couche uniforme, en insistant sur les zones les plus colonisées (angles, soubassement). La consommation indicative est d'environ 1 litre de solution diluée par m² sur un crépi très absorbant. Le produit mousse légèrement au contact des algues : signe que l'action biocide commence. Laissez agir 24 à 48 heures sans rincer. Si la pluie est annoncée dans les 24 heures, reportez l'application.
Étape 3 : rincer efficacement sans endommager le crépi
Après 48 heures, les algues ont viré au jaune pâle ou au blanc, signe que les cellules sont détruites. Les mousses ont bruni et commencent à se détacher. Procédez au rinçage avec un tuyau d'arrosage muni d'une lance à jet réglable, en position « pluie fine » ou « jet moyen » : jamais en jet concentré qui creuserait le crépi.
Rincez du haut vers le bas pour que l'eau sale ne coule pas sur les zones déjà nettoyées. Les résidus de mousses et de lichens morts se détachent partiellement au rinçage. Pour les plaques récalcitrantes, un brossage doux avec une brosse synthétique à manche télescopique suffit à les décrocher sans abîmer le crépi. Laissez sécher complètement 48 heures avant d'appliquer un éventuel traitement hydrofuge. Le résultat final n'est pas un mur « comme neuf », mais un crépi uniformément propre, sans colonies vivantes, prêt à recevoir une protection.
Les erreurs courantes qui abîment un mur extérieur
Un mur extérieur mal nettoyé peut subir des dégradations irréversibles. Voici les cinq pièges les plus fréquents, leurs conséquences concrètes et comment les éviter.
- Nettoyeur haute pression trop près du crépi : tenir la lance à moins de 20 cm d'un crépi projeté ou gratté érode la surface en quelques secondes. Le sable et les granulats se désolidarisent du liant, créant des cavités qui retiendront encore plus l'humidité. Maintenez 40 cm minimum, buse à 25° ou 40°, et testez toujours sur une zone peu visible.
- Eau de Javel pure sur tout type de support : la javel concentrée décolore les pigments des crépis teintés, attaque les joints de maçonnerie à base de chaux ou de ciment, et ne détruit pas les spores en profondeur. Les micro-organismes repoussent sur un support fragilisé. Si vous devez utiliser la javel, diluez-la à 10 % maximum et rincez dans l'heure.
- Cristaux de soude sur un mur peint : les cristaux de soude sont très alcalins (pH 11). Sur une peinture de façade en phase de farinage ou une peinture acrylique bas de gamme, ils décollent le film pictural par saponification partielle. Le mur se retrouve avec des zones dépeintes irrégulières. Réservez-les aux supports bruts (béton, parpaing, pierre non calcaire).
- Acide sur un mur en pierre calcaire : vinaigre, acide chlorhydrique ou tout produit acide dissout le carbonate de calcium. La surface devient rugueuse, blanchâtre, irrécupérable sans ponçage ou application d'un enduit de ragréage. Sur pierre calcaire, utilisez exclusivement un nettoyant au pH neutre (7-8).
- Appliquer un biocide sans diagnostic préalable : traiter un mur noirci par la pollution avec un anti-mousse est inefficace, coûteux et introduit un biocide inutile dans le ruissellement. Respectez la réglementation : les produits biocides TP2 sont soumis à autorisation de mise sur le marché et leur usage doit être ciblé (règlement (UE) n° 528/2012).
Entretenir son mur extérieur après nettoyage : prévenir le retour des salissures
Un mur nettoyé se ré-encrasse inévitablement. La question n'est pas de viser un mur immaculé pour toujours, mais de ralentir le retour des salissures suffisamment pour espacer les nettoyages lourds de plusieurs années. Trois gestes simples y contribuent.
Appliquez un hydrofuge de surface incolore après le séchage complet du mur (48 à 72 heures après rinçage). Ce produit, à base de siloxanes ou de résines acryliques en phase aqueuse, pénètre dans le support et le rend hydrophobe sans fermer les pores : la façade continue de respirer, mais l'eau de pluie perle et glisse, privant les algues de l'humidité stagnante indispensable à leur développement. Choisissez un hydrofuge adapté à votre support : tous ne conviennent pas aux crépis à la chaux.
Taillez la végétation chaque année pour maintenir un dégagement d'au moins 40 cm entre le feuillage et le mur. Un traitement anti-mousse préventif annuel, appliqué en automne sur un mur propre, bloque la germination des spores. Enfin, surveillez les microfissures : une fissure même capillaire aspire l'eau par capillarité et crée un couloir d'humidité vertical propice aux mousses. Si vous constatez une dégradation de l'enduit, le guide pour enduire un mur extérieur après nettoyage détaille la remise en état complète. Pour un mur en parpaing brut que vous souhaitez embellir après nettoyage, la technique pour enduire un mur en parpaing vous donnera toutes les étapes nécessaires.
Points clés
- Le diagnostic croisé support × salissure détermine toute la méthode : ne jamais appliquer un produit sans avoir identifié les deux paramètres
- Les micro-organismes exigent un biocide TP2 respectant le règlement européen n° 528/2012 : un simple détergent ne les tue pas
- L'eau de Javel pure décolore et fragilise les supports ; diluée à 10 % maximum, elle reste moins efficace qu'un biocide dédié
- Le nettoyeur haute pression est réservé au béton et au parpaing sains : sur crépi, enduit ou peinture, la distance minimale de 40 cm est impérative
- Un traitement hydrofuge annuel et l'élagage de la végétation divisent par deux à trois la fréquence des nettoyages lourds
Les indications fournies sont générales. Avant des travaux engageant la sécurité ou les normes, sollicitez un artisan qualifié (RGE, Qualibat, électricien).
Questions pratiques
Comment nettoyer un mur extérieur naturellement ?
Un mur extérieur se nettoie naturellement avec du savon noir dilué à 5 % dans l'eau tiède pour l'entretien courant, ou du bicarbonate de soude saupoudré sur brosse humide pour les taches grasses légères. Ces solutions respectent tous les supports, y compris les enduits fragiles, mais ne traitent pas les micro-organismes. Les algues et mousses exigent un biocide TP2, idéalement à base de percarbonate pour limiter l'impact environnemental.
Est-il possible de nettoyer un mur extérieur avec du vinaigre blanc ?
Oui, le vinaigre blanc dilué à 50 % dans l'eau tiède peut nettoyer un mur extérieur atteint d'un léger voile vert (algues superficielles) ou de traces calcaires. Laissez agir 20 minutes, brossez et rincez. En revanche, il est inefficace sur les mousses épaisses et les lichens incrustés. Sur un mur en pierre calcaire, le vinaigre est à proscrire : son acidité dissout le carbonate de calcium et provoque des auréoles définitives.
Comment nettoyer un mur extérieur noirci ?
Un mur extérieur noirci par la pollution se traite avec un nettoyant multiusage légèrement alcalin (pH 9-10) appliqué au pulvérisateur du bas vers le haut. Laissez agir 10 à 15 minutes, brossez et rincez du haut vers le bas. Si le support le tolère (béton, parpaing sain), un passage au nettoyeur haute pression à 40 cm avec une buse à 25° retire efficacement le film noir. Sur un mur noirci par des micro-organismes, c'est un biocide TP2 qu'il faut appliquer.
Comment nettoyer un mur très sale ?
Pour un mur très sale, le traitement se fait en deux temps. Appliquez d'abord un anti-mousse biocide TP2 si des algues, mousses ou lichens sont présents ; laissez agir 24 à 48 heures, puis rincez. Attaquez ensuite les dépôts de pollution avec un nettoyant alcalin (cristaux de soude dilués à 1:20 ou nettoyant multiusage). Sur les crépis poreux, évitez la haute pression et privilégiez le brossage manuel après pulvérisation du produit.
Peut-on utiliser un nettoyeur haute pression sur tous les murs ?
Non, le nettoyeur haute pression ne convient pas à tous les supports. Il est adapté au béton lisse, au parpaing sain et aux enduits ciment en bon état, à condition de maintenir une distance de 40 cm minimum avec une buse large (25° ou 40°). Sur les crépis projetés ou grattés, les enduits à la chaux, les peintures en phase de farinage et les murs présentant des fissures, il provoque une érosion rapide et des infiltrations d'eau aggravant les dégradations existantes.
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